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Les performances humaines



1. Introduction :


Le module 'performances humaines' est le seul qui se concentre sur le comportement humain. Ce n'est que récemment que le 'facteur humain' a commencé à recevoir l'importance qu'il mérite dans l'aviation, la formation technique ayant été toujours plutôt privilégiée.

Cependant, récemment l'importance des performances et du comportement humains dans les situations de conflit a été reconnue et fait désormais partie intégrante de la formation des pilotes et des télépilotes. Si la technologie joue un rôle majeur en aéronautique, c'est le pilote qui prendra les décisions finales et qui reste responsable du vol et des erreurs qui pourraient en découler.

Les facteurs humains ont pris une importance majeure grâce au retour d'expérience et aux accidents et incidents passés.


2. Perception humaine :


La perception de la situation conduit à la 'conscience de la situation', la perception va orienter les prises de décisions avant et pendant le vol, les facteurs pertinents pour prendre conscience de la situation sont notamment la distance, la vitesse, l'altitude et les opérations sous conditions horaires adverses (aube, crépuscule, obscurcissement des nuages, brume ou fumée). La liste n'est pas exhaustive et pourrait être quasi infinie...

Avant de prendre quelque décision que ce soit en tant que télépilote, vous devez d'abord évaluer l'environnement pour vous faire une idée globale de la situation.
Les informations pertinentes à noter seraient la position et l'altitude de votre drone. Par exemple, évolue-t-il proche d'un aéroport ou d'un espace aérien interdit ?
Sur cette base, il est possible de définir le risque ou la probabilité d'un danger, comme l'intrusion dans cet espace aérien interdit... vous pouvez alors anticiper et décider si vous devez modifier la direction ou l'altitude du drone.

L'ensemble de ces étapes et processus s'appelle la 'conscience de la situation'. Ce qui revient à avoir une 'vue d'ensemble' de la situation et être conscient des risques encourus.

Cette conscience de la situation peut être influencée par les facteurs suivants :
Sa condition physique personnelle (fatigue, charge de travail, stress et son expérience antérieure d'une situation similaire).
Les conditions environnementales, telles que la visibilité, la météo, les distractions et les autres objets volants.
Les problèmes du système, tels que la complexité et les performances de l'aéronef sans pilote, le degré d'automatisation du processus, les personnes impliquées et l'interface homme-machine, telle que la télécommande.


2.1  Estimation de l'altitude et de la distance :



Estimer la distance et la vitesse d'un objet peut être difficile. Lorsque nous observons un objet à courte distance, nous déterminons la distance en utilisant la perception visuelle. Cela suffit lorsque l'objet est à portée de bras et on peut être très précis sur l'évaluation de cette distance. Cependant, à mesure que la distance augmente, cette estimation devient de moins en moins fiable.

La perception visuelle ne peut pas mesurer de grandes distances avec précision, aussi, vous devez également vous fier à des évaluations subjectives basées sur vos expériences et sur vos connaissances.
Un drone est un relativement petit objet, dans le ciel, l'estimation de sa distance est difficile et pourra souvent être erronée.

Afin d'estimer la hauteur d'un aéronef sans pilote en vol qui est éloigné, prendre un objet connue comme référence (une maison ou un arbre par exemple) peut permettre de service de point de référence ou d'échelle. Cette méthode n'est fiable que si la hauteur réelle de l'objet de référence est connue et que les deux objets (le drone et l'objet de référence) sont approximativement à la même distance de l'observateur.

En définitive, on peut supposer qu'il peut y avoir un écart important entre votre perception visuelle de la distance et de la hauteur d'évolution et de la position réelle du drone.

Même si vous connaissez votre propre position et celle d'un espace aérien ou du circuit de piste d'un aéroport voisin, il est toujours difficile d'estimer la position précise de la limite de cet espace aérien. En l'absence de repères significatifs au sol (par exemple, des autoroutes ou des rivières), le risque est grand de pénétrer dans un espace aérien interdit ou de se rapprocher d'autres objets en vol au-delà de la distance minimale autorisée.

 Soyez donc prudent à tout moment. Si vous avez disposez de données précises (par exemple, la position GPS ou une information d'altitude du drone), vous devrez utiliser ces informations et leur faire confiance avant tout.

Il est également important de tenir compte de la hauteur des nuages. Si un drone est utilisé à proximité de nuages, la visibilité peut être réduite et le temps de réaction pour éviter une collision aérienne peut être insuffisant !

Les nuages peuvent également influencer notre perception de l'altitude et de la distance, tout comme d'autres conditions atmosphériques, telles que la brume ou le brouillard, de la fumée ou un nuage de poussières ou de sables, ainsi que la luminosité solaire (basse sur l'horizon ou le soleil orienté face à vous).


2.2 La vitesse :



Afin d'estimer la vitesse d'un aéronef, que ce soit un avion ou un hélicoptère, nous devons nous baser sur un jugement fiable. Ce jugement dépend de différents facteurs et de notre expérience.

L'observation passée du trafic aérien à proximité d'un aérodrome pourra nous aider à interpréter la vitesse d'un objet et savoir le temps qu'il prendra pour atteindre un endroit en particulier. Sans ce genre de référence, ou dans le cas d'une estimation incorrecte, il y a un risque de se retrouver rapidement dans une situation dangereuse.

Le sens de déplacement d'un objet est aussi à prendre en compte, s'il passe devant vous de gauche à droite ou inversement, ce sera plus facile d'estimer sa vitesse et sa futur position dans le temps.
Il est bien plus difficile d'estimer la vitesse si l'aéronef se rapproche ou s'éloigne de vous.


2.3 Conditions environnementales :



 L'adaptation aux conditions environnementales prend un certain temps, notamment pour l'ajustement de la vue. Dans la pénombre, lors de vol à l'aube ou au crépuscule, ou lors de vol de nuit dans les pays Européens l'autorisant, il faut un minium de 30 minutes pour une adaptation complète.

Sans ce temps d'adaptation, la reconnaissance et l'identification des objets sont considérablement limitées. Par ailleurs, une fois que les yeux se sont adaptés à l'obscurité, la lumière vive doit absolument être évitée.

Plusieurs facteurs influencent la capacité de vision nocturne :
Les différentes couleurs de la lumière peuvent donner des impressions différentes de la distance. La lumière verte semble plus brillante que la lumière rouge, ce qui peut donner l'impression que la source de lumière verte est plus proche. La lumière rouge, en revanche, semble plus sombre et donne l'illusion d'être plus éloignée.

Un taux de monoxyde de carbone élevé causé par le tabagisme ou l'inhalation de gaz d'échappement peut affecter négativement la vision nocturne en raison de ce que l'on appelle 'l'hypoxie anémique'.


2.4 Conclusion :



Bien souvent, l'humain perçoit ce qu'il a envie de voir, notamment du fait que nous ne pouvons pas tout percevoir. Ceci vient du fait que nous compensons l'impossibilité à traiter toute l'information reçues, et nous compensons en interprétant : c'est la subjectivité de la perception.



3. L'aptitude médicale :


Fatigue, stress, distractions, médicaments, alcools et drogues : les facteurs contributifs aux accidents !


3.1 Prise de médicaments :



La prise de médicament peut-être contre-indiquée dans l'activité de télépilotage à cause des effets primaires et secondaires. En effet, il faut prêter attention à l'effet qu'ils ont sur les temps de réaction et sur les facultés de perception.
Même pour des médicaments achetés sans ordonnance médicale, un télépilote devrait demander l'avis professionnel d'un médecin avant d'en consommer.

Enfin, il faut retenir que l'absorption simultanée d'alcool et de médicaments peut intensifier les effets des médicaments.


3.2 Distractions, attention et vigilance :



L'attention est un mécanisme psychologique qui correspond à la capacité à orienter ses ressources cognitives vers une activité précise.
La vigilance est un mécanisme physiologique qui montre l'éveil du système nerveux central.

L'humain dispose d'une ressource limité d'attention, aussi il utilisera deux types d'attention : L'attention sélective et l'attention perturbée.
- L'attention sélective qui permet de sélectionner les informations pertinentes dans un ensemble pour réaliser une tâche précise.
- L'attention perturbée qui est la capacité à partager son attention entre plusieurs tâches.


3.3 Tabac :



La consommation de tabac fait ingérer des substances toxiques : monoxyde de carbone (CO), nicotine et goudrons. Le tabac a un effet très addictif.
Fumer est donc dangereux pour la santé, entraînant un risque du cancer du poumon, d'altérations pulmonaires et de maladies cardiovasculaires.


3.4 L'Alcool et drogues :



L'absorption d'alcool ou de drogue provoque une diminution des facultés intellectuelles, vous aurez une perception dégradée de la réalité.
Votre temps de réflexe est augmenté sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue, vous êtes plus lent à réagir.

La prise d'alcool ou de drogue entraîne des modifications sur l'organisme, notamment une diminution des capacités psychomotrices (et diminue la vision sous forte luminosité), une diminution de la performance mentale (augmente la fréquence deserreurs) et une levée des inhibitions (augmente la confiance ensoi). Votre sommeil paradoxal s'en trouvera également fortement dégradé.

Absolument aucun vol ne doit être entrepris sous l'influence de l'alcool, car même après une consommation de  faibles quantités d'alcool ou de drogues, les comportements élémentaires de prudence peuvent être oubliés.

3.5 La charge de travail :



La tolérance personnelle à une charge de travail dépend de votre état de santé, de vos connaissances, de votre expérience et de votre savoir-faire. Également de votre niveau de stress et de votre état de fatigue.
La charge de travail est liée au stress, jusqu'à un certain niveau, le stress va avoir un effet stimulant permettant une meilleure concentration et une amélioration de la performance, pour faire face à la situation stressante.
Mais, passé un certain seuil, le stress l'emportera négativement, dégradant votre jugement et diminuant vos performances.


3.6 Le stress :



Le stress est une réaction réflexe, tant psychologique que physiologique, de l'organisme devant une situation difficile qui demande une adaptation.
Elle diffère d'une personne à une autre.
Les symptômes de stress comprennent la transpiration, bouche sèche, pupilles dilatées, respiration rapide. Vous aurez également une augmentation du rythme cardiaque.
Jusqu'à un certain niveau, le stress va avoir un effet stimulant permettant une meilleure concentration et une amélioration de la performance, pour faire face à la situation stressante.
Mais, passé un certain seuil, le stress l'emportera négativement, dégradant votre jugement et diminuant vos performances.
La meilleure prévention contre le stress lors d'une activité de télépilotage consiste pour vous à rester dans ne situation que vous savez maîtriser, c'est-à-dire dans les limites de votre savoir-faire.


3.7 La fatigue :



La fatigue aigüe a généralement une raison psychologique plus difficile à détecter que la fatigue accumulée générée par des levers tôt et/ou des nuitées courtes, le tout pouvant être assorti d'une mauvaise hygiène de vie. Aussi, même lors d'évolutions basiques de votre drone, elle peut atteindre unniveau inacceptable. Un télépilote fatigué va présenter des signes d'irritabilité croissante. Il est à retenir que si les stresseurs s'accumulent, la probabilité d'arriver à l'épuisement augmente fortement. Vous risquez des erreurs d'interprétations dans la vitesse, la distance, la hauteur de votre drone, vous risquez de sous-évaluer des dangers.


3.8 Conclusion :



S'il y a le moindre doute, laissez votre drone dans sa housse de protection et ne volez pas. Il convient en vue de chaque vol, de vous poser la question :

 Est-ce que je suis apte et à 100% disponible pour mon vol ?








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